Romain Tinière - photo du Centre d'excellence Jean Monnet

Présentation de la chaire Jean Monnet attribuée au Professeur Romain Tinière

Découvrez l’interview de Monsieur Romain Tinière, Professeur de droit public à la Faculté de droit de Grenoble, responsable du master 2 «carrières juridiques européennes » et membre du Centre de Recherches Juridiques, au sujet de sa chaire Jean Monnet.

Qu’est-ce qu’une chaire Jean Monnet ?

Les chaires Jean Monnet visent à promouvoir l’excellence dans l’enseignement et la recherche dans le domaine des études européennes, dont le droit européen. Concrètement, il s’agit d’un financement de l’Union européenne pour mener à bien un programme d’enseignement et de recherche en lien avec l’Union.

Comment avez-vous obtenu votre financement ?

Un financement de 50 000 euros m’a été accordé sur trois ans, de 2018 à 2021. Pour l’obtenir, j’ai répondu à un appel à projet blanc. Une campagne est lancée tous les ans, au mois de février, par la Commission européenne qui sélectionne, sur dossier, les candidats.  Seulement quelques chaires sont accordées en droit de l’Union européenne chaque année en France.

Quel est le thème de votre chaire ?

Le projet que j’ai proposé pour obtenir cette chaire  porte sur la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Cet instrument qui regroupe les différents droits fondamentaux garantis par l’Union européenne est récent et encore assez peu connu des justiciables, des juges, voire même des enseignants-chercheurs (!).

Quel est l’objectif de cette chaire ?

Son objectif est de diffuser des connaissances concernant cette Charte auprès de plusieurs publics.

Tout d’abord, les étudiants. Cela passe par les enseignements qui leur sont donnés, notamment en master 2 « carrières juridiques européennes » et « contentieux des droits fondamentaux ». J’ai également développé un nouveau cours sur l’Union européenne dans le cadre des ETC (Enseignements Transversaux à Choix), à destination des étudiants non juristes pour mieux faire connaître l’Union de façon générale.

Il y a ensuite le public des chercheurs et jeunes chercheurs qui mènent des activités de recherche sur des thématiques liées à cette charte. Un séminaire doctoral s’est déjà tenu pour échanger sur les thèses en cours dans ce domaine. En décembre prochain, un colloque sera organisé  sur les 10 ans de l’entrée en application de la Charte des droits fondamentaux.

Les professionnels font aussi partie des publics à former. Je souhaite développer pour cela la formation continue à destination des avocats, à l’EDARA (école des avocats Rhône-Alpes), ainsi qu’à l’ENM sur ce thème. Je voudrais également mettre en place un module numérique de formation, libre d’accès, qui serait mis à disposition des professionnels. Il prendrait la forme de capsules vidéo sur des points pratiques, avec des exercices autocorrectifs.

La dernière cible est le grand public. Pour essayer de l’atteindre, je mets en ligne des vidéos d’information et vais organiser des conférences citoyennes sur la période de la chaire.  

Quels enjeux sont liés à ce financement ?

L’enjeu pour l’Union européenne est d’être plus visible auprès des différents publics, étudiants, enseignants-chercheurs, grand public… et d’encourager une construction et une réflexion autour des questions européennes.

Pour moi, l’obtention de cette chaire est une reconnaissance de mon travail et de mon expertise dans ce domaine. C’est aussi un engagement sur 3 ans durant lesquels il faut mettre en œuvre le projet proposé. Cependant, ce financement est intéressant car il laisse une certaine liberté au porteur de projet. On nous donne les moyens financiers nécessaires, il nous reste ensuite «plus» qu’à trouver les moyens humains pour mettre le projet en œuvre !
Mis à jour le  17 juin 2019