Rencontre avec Thomas Dolard, étudiant en Master2 Justice, procès, procédures à la Faculté de droit en double diplomation avec Grenoble Ecole de Management (GEM), et Simon Daveau, étudiant en 1re année de Master Finance à GEM, tous deux codirigeants de la société LexMatch.
Thomas : Cela fait 2 ans que je travaille sur le projet LexMatch. Simon m’a rejoint il y a un an. C’est un projet de plateforme qui met en relation des justiciables, c’est-à-dire des personnes qui cherchent à être conseillées ou défendues juridiquement, avec des avocats. C’est l’équivalent d’un Doctolib du droit ! L’aspect innovant est que le public peut accéder gratuitement à un chatbot (logiciel qui simule un dialogue avec un utilisateur) ayant plusieurs rôles :
Cette plateforme répond à deux besoins : rendre le droit plus clair et facile d’accès à tout un chacun et apporter de la visibilité aux avocats qui doivent faire face à une concurrence accrue. La plateforme, gratuite pour les utilisateurs, sera financée par les professionnels qui devront payer pour y figurer.
Simon : Nous sommes accompagnés par plusieurs structures. Tout d’abord, IncubaGEM qui nous offre entre autres la possibilité d’être suivis par un mentor qui nous conseille et nous soutient psychologiquement. Il y a aussi Pépite oZer qui nous aide à travers des chargés d’accompagnement, qui s’adaptent facilement à nos problématiques, et des formations gratuites aux grandes étapes de l’entrepreneuriat (étude de marché, commercialisation, communication...). Récemment, nous avons également obtenu des bureaux à MUSE pour développer notre activité. Et puis Pépite oZer nous apporte aussi et surtout un écosystème très bénéfique au développement de notre projet.
Thomas : On est également en relation avec des enseignants-chercheurs de la Faculté de droit spécialisés dans le domaine de l’IA juridique, Mme Géraldine Vial et M. Etienne Vergès. Et, financièrement, nous sommes soutenus par le MIAI Cluster (Multidisciplinary Institute in Artificial intelligence) de l’UGA qui nous a versé une bourse.
Le fait d’avoir le statut d’étudiant-entrepreneur à l’UGA nous permet aussi de bénéficier d’un aménagement de nos études car je vais réaliser mon stage de fin d’année dans ma propre entreprise et Simon va faire une césure entrepreneuriale. Il nous donne également accès à des événements très importants comme le Tech&Fest auquel nous avons pu participer sous la bannière de l’UGA, ce qui nous a permis de gagner en visibilité et de rencontrer des acteurs de l’écosystème local.
Globalement, on a pu remarquer que les gens qui se font accompagner par des structures dans le développement de leur projet y arrivent mieux. Cela permet d’enlever du stress, comme le fait d’être deux aussi !
Thomas : Être étudiant-entrepreneur demande de la discipline et de la rigueur, c’est parfois difficile mais globalement on s’en sort, d’autant plus qu’on aime ce qu’on fait. Il peut parfois y avoir un peu de frustration car on aimerait se concentrer un peu plus sur le projet mais les études sont primordiales.
Simon : Le maître-mot est l’organisation ! Organiser son temps, ses objectifs... Même en Master, on a encore beaucoup de cours et nos études sont importantes car on a envie de bien finir notre cursus. Un autre élément clé est de savoir rebondir car en tant qu’entrepreneur on rencontre forcément des obstacles et il ne faut pas s’arrêter au premier. On est dans une forme d’instabilité mais c’est aussi cela qui est stimulant. La voie de l’apprentissage, c’est de se prendre des murs !
Thomas : Ce projet nous permet de rencontrer beaucoup de monde, des personnes passionnantes, qui nous font des retours incroyables. On développe aussi de nombreuses compétences dans des domaines très variés.
Simon : Grâce à ce projet on développe notre réseau de façon exponentielle, on devient plus curieux, on s’ouvre à l’innovation... ce qui est très valorisant. Sur le plan personnel, cela permet aussi une réflexion sur soi qui est intéressante : on doit prioriser les tâches, réfléchir à ce qu’on aime, ce qu’on veut faire dans la vie... C’est bien de s’y confronter quand on est jeune. Je ressens que j’ai beaucoup changé dans ma manière de faire les choses en un an.
Thomas : Malgré le fait que notre solution numérique ne soit pas encore finalisée, on commence déjà à faire de la mise en relation, gratuitement, pour tester le concept et développer notre réseau.
Simon : Nous avons, pour le moment, une quinzaine d’avocats engagés à nos côtés. Et nous avons aussi besoin que des utilisateurs essaient la plateforme ! La première version, conçue par des développeurs professionnels, sera une base de tests. Nous sommes dans une logique de développement par la collaboration.
Thomas : La plateforme sera commercialisée en 2026. Pour le moment, nous avons un site vitrine temporaire : www.lexmatch.fr. Notre volonté, à terme, est de développer le concept pour d’autres métiers du doit : notaire, huissier de justice, conseiller en propriété intellectuelle... Nous commençons au sein de la région grenobloise dans le but d’élargir notre cible à toute la région Auvergne-Rhône-Alpes et pourquoi pas à toute la France ! On aime créer et ce domaine d’activité nous tient vraiment à cœur donc on fera tout pour que ça marche.
Simon : Au final, si on se donne à fond, c’est pour construire une entreprise qui nous ressemble et pouvoir nous lancer en tant qu’entrepreneurs dans la vie active ! (site vitrine temporaire : www.lexmatch.fr)
Retrouvez l’interview de Léna Aguettaz, étudiante en Licence Droit à Grenoble et créatrice de bijoux en acier inoxydable.
J’ai créé mon entreprise « Créa’Léna » il y a un an, pendant mon année de Terminale. J’ai toujours été créative, je faisais des activités manuelles (peinture, dessin, land art…) et, par hasard, j’ai découvert la création de bijoux. Dans un premier temps, je me suis renseignée sur le statut d’entrepreneur auprès de la chambre des métiers qui m’a accompagnée et j’ai demandé des conseils à d’autres entrepreneurs et entrepreneuses. Les démarches étaient relativement simples et j’ai perçu l’intérêt lucratif du développement de cette activité en parallèle de mes études. Ensuite, lors de mon inscription à l’UGA, j’ai fait les démarches pour obtenir le statut d’étudiant-entrepreneur.
Mon entreprise a grandi très vite. J’ai fait un tout petit chiffre d’affaires au début puis j’ai rapidement eu des pics d’activité sur certaines périodes de l’année : pour la fête des mères, durant l’été et à Noël. Mes recettes sont maintenant assez stables.
Pour vendre mes créations, je les expose sur mon site (crea-lena.com) et mon compte Instagram (www.instagram.com/crea_lena). Je suis aussi présente sur les marchés et dans divers points de vente (magasin Bio, institut de beauté, salon de tatouage, boutique d’artisans...).
Pour accroître mon activité, je mise beaucoup sur le partenariat avec d’autres professionnels. Je travaille notamment avec des photographes, créateurs, maquilleuses... Par ailleurs, j’ai développé un vrai intérêt pour l’événementiel, que ce soit pour soutenir des causes qui me tiennent à cœur (par exemple, j’ai proposé gratuitement des ateliers de création de bijoux dans des hôpitaux à l’occasion d’Octobre rose) ou pour faire connaître mes créations (je collabore, par exemple, avec des comités de Miss). Cette année, j’organise un défilé avec des créateurs professionnels et des amateurs de 16 à 26 ans.
Pépite oZer est une structure assez libre : on peut s’y investir plus ou moins selon nos besoins. L’offre est très riche et apporte énormément d’opportunités.
J’ai suivi beaucoup d’ateliers et de formations financés par Pépite oZer. J’ai également profité de la possibilité d’avoir un mentor pour m’accompagner. C’est une entrepreneuse que je vois tous les mois pour discuter de mon projet et qui peut me mettre en relation avec d’autres professionnels si besoin. J’assiste aussi régulièrement aux événements «Apér’oZer» qui sont ouverts à tous et permettent de découvrir un entrepreneur qui partage son expérience. Le réseautage c’est très important dans le développement d’une activité !
Pépite oZer met également à notre disposition des salles de coworking qui favorisent les échanges entre étudiants entrepreneurs. Par exemple, je travaille en partenariat avec un étudiant qui a créé une plateforme mettant en relation des particuliers et des professionnels du mariage. Il y a énormément d’entraide, on se réunit pour réfléchir tour à tour au projet de chacun, apporter des solutions et prendre des conseils pour ne pas reproduire certaines erreurs. C’est primordial de se soutenir entre nous car, en tant qu’entrepreneurs, on n’est pas toujours bien compris par notre entourage. Cela peut faire peur et il est important de ne pas se laisser décourager. Pépite oZer apporte une famille entrepreneuriale, sans jugements, et j’y ai trouvé le soutien dont j’avais besoin.
Je m’organise de façon à préparer mes TD de droit la semaine et être libre le weekend pour mon entreprise, notamment pour faire des expos ou des shootings photos. Je peux aussi créer mes bijoux le soir. C’est possible de concilier les deux. Et je pense même que le fait d’avoir une entreprise est un facteur de réussite car cela permet de se vider la tête et de bien s’organiser pour répondre aux impératifs. On se concentre sur l’essentiel et on révise plus efficacement !
Mais je suis aussi très frustrée de ne pas pouvoir développer autant que j’aimerais mon activité. Je dois parfois refuser des opportunités parce que j’ai cours... En fait, ma plus grande difficulté c’est mon coup de cœur pour mon entreprise !
Sur le plan personnel, c’est incroyable. Cela apporte une confiance en soi, une autonomie, une ouverture d’esprit et beaucoup de belles rencontres. On se découvre aussi en créant son entreprise.
Sur le plan universitaire, gérer une entreprise permet d’apprendre à mieux s’organiser et à relativiser en cas d’échec car on en connaît forcement quand on crée une entreprise.
Au niveau professionnel, l’avantage de la micro entreprise est qu’on ne délègue rien donc on découvre de nombreux domaines (comptabilité, commerce, communication...) et puis on se rend compte de ce qui nous plait ou non. Pour ma part, j’ai découvert que j’avais une passion pour la communication et l’événementiel. Alors je vais certainement poursuivre dans cette voie pour développer encore plus mon activité au vu de tout ce qu’elle m’apporte, et advienne que pourra !