Vie étudiante

Interview d’étudiants membres du Conseil de Faculté

Suite aux récentes élections au Conseil de Faculté, nous notons la grande diversité des étudiants qui composent le collège des usagers, certains étant en licence, d’autres en master, à Grenoble et à Valence, en présentiel et à distance. Afin de mieux comprendre le rôle de ces étudiants et leurs motivations, nous avons donné la parole à deux d’entre eux, issus des deux listes représentées au conseil : Amaury Pelloux-Gervais (Union nationale inter-universitaire - UNI) et Louison Valer (InterAsso Grenoble Alpes, « Bouge ton campus »).

Quel est votre parcours universitaire ?

Louison : Dès le lycée, je me suis directement intéressé à la licence de droit. Encouragé notamment par mes professeurs, je me suis donc inscrit après l’obtention de mon bac ES en licence de droit général à l’Université de Bretagne occidentale d’où je suis originaire. Au cours de ces trois années, j’ai eu un fort intérêt pour les matières à caractère international et européen, c’est pourquoi j’ai postulé en master de droit des libertés, parcours droit international et européen, à l’Université Grenoble Alpes.  
Amaury : Après avoir eu mon bac en 2019, j’ai directement intégré la Faculté de droit et j’ai validé ma première année en 2020. Cette année, je suis donc en L2 mais j’ai également un emploi à plein temps qui m’empêche de suivre les cours de manière classique. J’ai donc choisi l’enseignement à distance (EAD) pour poursuivre mon parcours en droit.

Pourquoi avez-vous choisi de vous présenter aux élections du Conseil de Faculté (CF) ?

Louison : Ce choix n’est pas anodin. Au cours de ma licence de droit à Brest je me suis directement lancé, dès la première année, dans l’associatif avec l’ACID Brest. Cela a été pour moi une expérience très enrichissante qui m’a permis de découvrir une autre facette de l’université. J’ai développé, au cours de ces trois années, une véritable passion pour l’aide à l’étudiant et la défense de leurs droits et intérêts. Cela m’avait motivé à m’engager en deuxième année aux élections du Conseil de Faculté de l’Université de Brest. Après cette expérience, j’ai décidé de faire une « pause associative ». À mon arrivée à Grenoble en septembre, l’envie de retrouver le monde associatif se faisait sentir. Chose faite, dans un premier temps, en intégrant l’AMEDIE (Association des Masters des Etudiants en Droit International et Européen). Par la suite, Séverin CONSTANT-MARMILLON, actuel Vice-président d’InterAsso Grenoble Alpes m’a proposé d’intégrer la liste « Bouge ton campus ». Cela a été pour moi l’occasion de retrouver et d’assouvir un caractère qui culmine en ma personnalité : la représentation étudiante.
Amaury : Ayant été élu au Conseil d’administration de l’université en fin d’année dernière, j’ai eu l’occasion de prendre de l’expérience dans la représentation étudiante en conseil. Bien que mon mandat au Conseil d’administration soit très enrichissant, les décisions prises à cet échelon sont souvent bien éloignées des problématiques touchant directement à la vie des étudiants. J’ai donc voulu m’engager, au sein de ma Faculté, en me présentant à ces élections, pour mettre mon expérience à contribution sur des décisions très concrètes comme le choix des modalités d’examens, qui est la principale préoccupation des étudiants actuellement.

En quoi le collège des usagers est-il important au sein du CF ?

Louison : D’un point de vue personnel, je trouve que le collège des usagers est important car, en tant qu’étudiants, nous sommes à même d’aborder des sujets qui nous touchent directement et de porter la voix des étudiants. En effet, le Conseil de Faculté aborde de nombreux aspects concernant les modalités d’études et de fonctionnement. Nous sommes en quelque sorte « des acteurs du terrain » et nous pouvons donc faire remonter le ressenti général des étudiants dans un but d’amélioration des conditions d’études notamment. Si une problématique se pose dans notre filière, les étudiants sont plus à même de nous en parler du fait de notre proximité pour qu’on puisse porter leur voix lors du Conseil de Faculté, d’autant plus face à la situation sanitaire.
Amaury : Les étudiants ont parfois l’impression d’être tenus à l’écart des décisions prises par la Faculté, que leur avis n’est pas pris en compte. Pire encore, les étudiants ont parfois l’impression d’être mal informés sur leur scolarité, sur ce qu’ils vont avoir à faire pour valider leurs semestres. Avec la crise du Covid, ces impressions de manque d’information et même d’abandon se sont renforcées chez les étudiants et s’extériorisent de plus en plus. Les professeurs et l’administration, qui disposent de toutes les informations et qui connaissent tous les enjeux des décisions à prendre, n’ont parfois pas conscience de ce sentiment qu’ont les étudiants. Le rôle, plus qu’important, du collège des usagers est, à la fois, de faire comprendre au conseil que les étudiants ont besoin d’être mieux accompagnés, d’expliquer les décisions du conseil aux étudiants et de répondre à leurs questions.


Qu’attendez-vous de vos fonctions ?

Louison : J’attends évidemment d’avoir un impact en tant qu’étudiant au sein du Conseil de Faculté. Je pense que notre rôle est crucial pour maintenir des conditions d’études décentes. Mais je pense que sur ce point il n’y aura pas de problème car, au regard des résultats des élections, nous avons une certaine légitimité à être présents au sein du conseil. De plus, nous sommes présents à chaque conseil, nous ne prônons pas l’absentéisme. Cela permet, en quelque sorte, d’être acteurs de notre composante et de représenter au mieux les étudiants. J’ai à cœur également de remettre l’étudiant au cœur de sa formation et cela passe par le fait de porter leur voix et d’être le plus accessible possible. Être à l’écoute des étudiants et des problématiques ou demandes de leur part sera, je pense, l’une des fonctions les plus importantes que je me dois de remplir.
Amaury : J’espère qu’à la fin de notre mandat les étudiants pourront dire qu’ils ont senti un changement dans leur rapport à l’administration de la Faculté, et qu’ils auront eu l’impression d’être écoutés, représentés auprès des professeurs et du Doyen.


Comment souhaitez-vous relayer la parole des étudiants ?

Louison : Notre liste a pu observer depuis quelque temps le désintérêt des étudiants vis-à-vis de la « machine universitaire » et la difficulté à cerner les enjeux du Conseil de Faculté, c’est pourquoi l’un de nos axes prioritaires est de renouer le dialogue entre les étudiants et leurs représentants. Cela passera forcément par un retour systématique après chaque Conseil de Faculté. Nous avons mis en place, pour cela, sur les réseaux sociaux, une page dédiée que l’on peut retrouver sous le nom de « btcdroituga ». Par ce système de retour systématique, les étudiants pourront être informés de la manière la plus ludique possible des enjeux et de nos positions par rapport à ces dernières. Nous souhaitons également permettre aux étudiants de s’exprimer librement par la mise en place de sondages. Dernièrement, nous avons pu regrouper la parole de nombreux étudiants de tous niveaux afin d’avoir leur opinion sur le déroulement des examens du 1er semestre, parole que nous exposerons aux autres élus du conseil.  Nous avons également l’ambition de créer une adresse mail spécifique afin d’assurer la défense des droits des étudiants, que ce soit pour nous faire parvenir des difficultés ou pour communiquer sur les droits des étudiants et comment les faire respecter. La parole des étudiants étant prioritaire à mon sens, nous ferons tout notre possible, durant ce mandat, pour porter leur voix dans les instances universitaires.
Amaury : S’il faut trouver un avantage à la crise que nous traversons, c’est bien que celle-ci a fait naître une vraie solidarité entre les étudiants. Tous dans la même galère, ils se sont unis pour faire face ensemble et ne pas se retrouver isolés. Dans certaines promotions, cette année, l’entraide est telle que l’on pourrait croire à de grands groupes de TD de 200 personnes. Grace à cette solidarité, nous pouvons avoir une bien meilleure remontée d’information que dans une situation plus « normale » où les étudiants ont tendance à garder leurs problèmes et leurs questions pour eux. Tout cela facilite le travail de relais des élus entre les étudiants et l’administration. Pour nous aider, nous avons aussi récemment mis en ligne un sondage sur le confinement et les adaptations de l’enseignement qui y sont liées, pour que les étudiants puissent s’exprimer, extérioriser leurs craintes et leurs incompréhensions, afin que nous, élus, puissions en faire la synthèse et les faire remonter en Conseil de Faculté.


Avez-vous des projets que vous souhaitez défendre ?

Louison : Nous avons collectivement défini des axes à suivre et des engagements à tenir. Tout d’abord, notre premier axe consistera à porter une attention particulière à la modernisation et la professionnalisation de nos formations, cela passera par le développement de nouvelles pédagogiques qui peuvent être tournées vers l’utilisation des outils numériques. Par la suite, il convient de prioriser l’enseignement des langues afin de satisfaire les exigences du monde professionnel, les concours demandent de plus en plus la maîtrise de deux langues étrangères. Cette année, en master, il est impossible d’effectuer une LV2, seul l’anglais juridique est enseigné malheureusement. L’enseignement des langues doit être, à mon sens, une priorité.
Le deuxième axe consistera à lutter contre l’exclusion en passant évidemment par une meilleure intégration du site valentinois que nous représentons également ! Par ailleurs, nous souhaitons mieux accompagner les étudiants en difficulté. Nous pensons que le renfort du tutorat peut être une solution qui a fait ses preuves dans diverses Facultés, nous souhaitons dès lors le renforcer. Nous avons également des engagements qui nous tiennent à cœur, notamment, sur le point de la sélection en master. Les études sont importantes et nous voulons garantir à chacun la possibilité de poursuivre ses études supérieures, c’est pourquoi nous porterons une vigilance accrue sur la sélection en master.
Certains engagements sont actuellement tenus malgré la crise sanitaire. Par exemple, afin de lutter contre l’isolement social et la précarité, nous avons fait en sorte que l’AGORAé reste ouverte. De plus, nous avons mis en place des réseaux sociaux pour être les plus transparents et accessibles possible. Notre but est de replacer l’étudiant au cœur de sa formation, vous pouvez retrouver l’intégralité de nos axes et engagements dans notre profession de foi accessible sur tous nos réseaux sociaux.
Amaury : Pour l’instant, l’heure n’est pas vraiment aux grands projets puisque tout est rendu difficilement réalisable par l’impossibilité de se réunir physiquement et par la constante incertitude sur l’évolution de la crise. Notre priorité est donc de tout faire pour que les étudiants puissent travailler au mieux dans ces conditions si particulières, de garantir le mieux possible la valeur de leur diplôme, et de préparer au mieux et le plus rapidement possible le retour des cours en total présentiel, qui sont essentiels pour beaucoup d’étudiants. Lorsque la situation sera revenue à la normale, nous souhaitons développer tous les processus de professionnalisation et de création de réseaux professionnels car, pour nous, la priorité est de garantir l’accès à l’emploi aux étudiants à la sortie de notre Faculté.                           
Mis à jour le  18 décembre 2020